Au
retour, je pensais tellement à la chevelure ambrée
de la sirène que je glissais d’inattention sur les
algues vertes qui couvraient la roche. Je lachais le jetable dans
l’envolée (il portait bien son nom) et je tentais
de me protégeren plaçant mes mains devant moi. Mais
les mains glissent aussi sur les algues. Mes bras se sont écartés
et un quart de seconde.
Avant de percuter avec mon nez le vaillant granite Breton, j’ai vu l’appareil
exploser en miettes de plastique. Heureusement la pellicule était terminée
et déjà rembobinée. J’ai perdu vingt minutes pour
retrouver la péloch Fuji dans les algues vertes (vert sur vert), Je pleurais
et je saignais du nez, essuyant l’abondance de mon émoi sur mes
manches de chemise.
J’ai récupéré mes lunettes le lendemain. La symbolique
primitive du résultat photographique m’éberlue encore. Bizarrement,
la photo de la blonde nordique est floue. J’ai dû bouger. Depuis
l’été, je pense souvent à ça. Tout le temps
même. Je ne pense plus qu’à cela. Toutes ces analogies naturelles
qui m’entourent séduisent ma conscience.
L’eau, la terre, le feu, la chair, l’air, tout cela est bâti
sur les mêmes fondations de programme originel ?… Aware ? |