Le
02 juillet, lors de mon premier après-midi de plage, à Lesconil,
dans le Finistère sud, j’ai laissé tomber mon « Nikon » dans
la mer. Je souhaitais photographier la joie de mes enfants qui
sautaient, s’aspergeaient et hurlaient d’un bonheur
crispé pour oublier la température boréale
de l’océan.
La limpidité cristalline et l’esthétique Caraïbéenne
ne compensaient pas les 15 degrés Celsius des flots bleus
en opposition aux 23 degrés de l’air
environnant. Paisiblement, de l’eau jusqu'en haut de mes cuisses
bleuviolette, maniant délicatement mes quatre-vingts kilos
contracté,
j’appuyais le pied sur une Vive. Les deux dards de la nageoire
dorsale du petit poisson pénétrèrent le creux
de ma voûte plantaire aussi vivement qu’une décharge électrique.
Tendu par la surprise, les muscles et le cerveau raidis par l’incompréhension
de la douleur inattendue, la torture venimeuse entama sa progression.
Je tenais encore mon appareil photo à hauteur
des yeux. L’odieuse surprise me déséquilibra,
je sombrais sur le cul, dans l’eau salée jusqu’au
milieu du front. J’avais gardé mon bras levé,
sauvant momentanément
mon jouet japonais.
Une vague vicieuse de force tranquille eut raison de ma position
en me roulant dans son bouillonnement baveux…
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