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ACTE 5 FICHE n° 02

" La fête des mères » ou « ma mère est une sainte et mon père est un Dieu "

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Lorsque que j’étais enfant, je plaçais ma mère sur le toit du monde, c’était ma référence, l’amour et la justice sur cette terre hostile aux anges. Elle était bien plus haut que dieu, ce dieu qui cherchait perpétuellement la faute, de ses multiples yeux scrutateurs et qui pouvait me voir, même dans les toilettes.
Ma mère était mon refuge, ma paix avec moi-même et la culpabilité mortelle et incurable que l’éducation religieuse m’infligeait.
Mea culpa.
Ses baisers effaçaient les malheurs comme un baume prodigieux.
Ces promesses de félicités construisaient mon futur dans la lumière des étoiles. Bien entendu je n’étais pas seul à bénéficier de son amour, ma sœur et mon frère avaient leur part du gâteau quotidien. Elle était la vérité, la déesse de notre famille, la mère au-dessus du père…
La mère n’a pas le droit à l’erreur et quand, un jour la déesse devient humaine sous vos yeux, tombe la déprime de la désillusion et son cortége de contradictions…
La femme reste coupable de la projection du désir.
« L’homme est faible. » ? ? ? … Cela aide.
Je grandissais et maman quitta peu à peu son statut de déesse pour celui, plus mysterieux, de femme.
Vers douze ans, un matin, j’entrais dans la salle de bain sans pensée précise et je surpris ma mère nue sortant du bain. Je l’avais déjà vu dévêtue des dizaines de fois. Mais ce jour-là je la découvris désirable, humaine et belle.
Entre la honte et le désir, l’esprit se refuse à l’évidence.
L’interdiction de penser cela, d’évoquer cela, d’envisager cela.
À trois ans, j’avais déjà proposé, comme beaucoup d’enfant, le mariage à ma mère. Je savais que c’était impossible comme il est impossible de faire disparaître ou oublier ce désir passager et pourquoi. le faire ?
A 15 ans j’abandonnais définitivement dieu, la religion, ses péchés et la culpabilité permanente pour goûter à l’insouciance des années 70.
Les conflits familiaux, pour acquérir ma « liberté » d’être adolescent, m’éloignère d’une mère aimante mais trop imprégnée d’une forme éducative et de son rôle social : la femme au-dessous de l’homme.
J’avais un « meurtre du père » Freudien sur le feu. Je m’en aquitais dans la douleur et l’amour.